TOP
Netflix Disney + Prime vidéo Canal +

Nouveau deal entre l’État et les chaînes TV sur le cinéma

Les pouvoirs publics et les acteurs de la télévision ont fixé les délais de diffusion des œuvres cinématographiques. Canal + et Netflix sont les principaux bénéficiaires du nouvel accord.

Effectuées sous la médiation du CNC, les négociations furent longues et âpres. D’un côté, les entreprises de télévision et de l’autre, le Ministère de la Culture chargé de défendre le secteur de la production cinématographique. Les différentes parties ont défini le protocole de diffusion des films sortis en salle, sur les chaînes TV. L’accord entre en vigueur en février pour une durée de 3 ans.

Canal +, le partenaire historique du cinéma français, a les dates de diffusion les plus courtes. En échange d’un financement de 600 millions d’euros dans la production de films jusqu’en 2024, la chaîne cryptée pourra diffuser les œuvres de cinéma 6 mois après leur sortie en salle. Canal + avait déjà bénéficié en 2018 d’une diminution des temps de programmation de films (12 à 9 mois).

Arrivée en force des SVOD

Netflix est l’autre vainqueur de la négociation. Depuis son arrivée en France en 2014, la SVOD n’a eu de cesse de gagner en croissance. La chaîne au toudoum compterait à ce jour plus de 9 millions d’abonné.e.s. Après de longues tractations, le géant du streaming va bénéficier d’un délai raccourci sur la diffusion des œuvres cinématographiques : 15 mois au lieu de 36. Netflix s’est engagé en contrepartie à investir sur une dizaine de films et injecter 40 millions d’euros dans le secteur audiovisuel.

Les nouveaux venus comme Disney +, Amazon Prime ou Apple TV+ y gagnent indirectement. Ils pourront proposer les films 17 mois après leur diffusion en salle. Les chaînes de TV en clair (TF1, France TV, M6, Arte), auront la possibilité de programmer les œuvres cinématographiques 22 mois après leur date de sortie, contre 36 mois précédemment. La SACD qui représente les auteurs, conteste cet accord, lui reprochant des délais trop long. Le risque : accroître le phénomène de piratage des films selon le syndicat.