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Paul Taylor

Un thé avec Paul Taylor

De Apple à « la bise »…

Le 1er janvier, la chaine Youtube du French Fried Comedy mettait en ligne une certaine vidéo mettant en scène la vision d’un anglais sur une coutume française. Paul Taylor nous offrait donc son sketch tourné au cœur du Paname Art Café pour nous permettre de commencer l’année avec bonne humeur et dérision

Rencontre… 

D’où viens-tu ?

Paul Taylor : Alors, je suis né en Angleterre, ensuite j’ai vécu à Genève, en France, je suis revenu en Angleterre puis en Espagne. Tout ça durant mon enfance. Ce qui m’a valu l’étiquette de l’étranger dans chaque pays ! (rires) En France j’étais l’anglais, en Espagne j’étais le français et de retour en Angleterre j’étais l’espagnol ! Je suis né avec plusieurs langues autour de moi du coup j’ai su très vite m’adapter aux accents qui m’entouraient. Et cette image de différence d’origine ma poussé à cacher du mieux que je pouvais les traces de cette distinction. Ce qui fait qu’aujourd’hui je suis totalement bilingue dans trois langues. Plus tard je suis revenu vivre en Angleterre après être parti au Canada et je vis en France depuis 5 ou 6 ans. Avant de me consacrer à la scène j’ai travaillé chez Apple tout en participant régulièrement à des scènes ouvertes, dès que je pouvais. Sans vraiment m’en rendre compte, c’était en moi depuis des années. Et je me suis souvent dis qu’il fallait que je vienne en France pour faire ça, je voulais jouer la carte de l’anglais qui vient se moquer des anglais. Et là c’est ma vision des français qui fait le buzz !

WLCM : Comment passe-t-on de Apple à la scène ?

Paul Taylor : Alors oui, j’ai travaillé chez Apple durant presque 8 ans, ça m’a permis de continuer à voyager dans pas mal de pays et ça m’a longtemps intéressé. Mais vient le jour où ton envie et ta passion te rattrapent donc tu fais le grand saut ! J’ai commencé à jouer en France le 4 janvier 2013 au So Gymnase grâce à Sebastian Marx que j’étais venu voir jouer et que j’avais re-contacté par la suite. C’est lui qui m’a proposé mon premier créneau. Voilà comment ça a commencé. Puis le gros déclic c’était donc l’année dernière, en 2015. Ma copine m’a emmené voir Norman et là j’ai pris une claque. J’ai adoré. J’ai quitté Apple et depuis je me consacre pleinement à la scène.

WLCM : Et de la scène à un buzz Youtube ?

Paul T. : C’est Robert Hoehn, créateur du collectif French Fried qui m’a dit que ce serait bien de faire des vidéos au sein du collectif, que ça présenterait les artistes du plateau etc… Donc on s’y est mis ensemble et après avoir cherché plusieurs lieux de tournage, on est retourné au Paname, la salle du French Fried et du premier test vidéo du sketch. C’était finalement l’endroit qui se prêtait le mieux au format que l’on voulait. Puis Sonacom (boite de production et de voix off ndlr) a participé à la vidéo en la filmant et tout donc, voilà. Le résultat est très cool. Et en fait on n’imaginait pas un tel buzz. Tu parles, moi je visais les 1000 vues et déjà j’étais heureux. Au bout de 4 jours on était à 1600 et j’étais super content ! Puis Urbain Courty de Topito a partagé la vidéo sur la page du site et là ! À partir de là on est passé à 300 000 vues supplémentaires par jour.

WLCM : Raconte-nous un peu l’histoire de cette vidéo.

Paul T. : Alors en fait, à la base c’est un de mes sketchs. Et j’ai eu l’idée de le tourner en plan séquence en m’inspirant d’une pub anglaise avec Kevin Bacon pour un opérateur. À la base je n’avais pas l’idée de tourner ce sketch. Surtout qu’en Angleterre quand tu reprends un de tes sketch en vidéo ou l’inverse, le public n’aime pas ça du tout. Ça ne se fait pas. Ils ne sont pas dans l’adaptation. Alors qu’ici les gens ont presque été déçus de ne pas voir « La bise » sur scène quand ils sont venus me voir jouer. Moi je pensais bien faire en leur faisant des vannes qu’ils ne connaissaient pas, mais du coup, c’est avec plaisir que je ne me prive pas de continuer à jouer ce sketch durant mon spectacle.

WLCM : En natif d’Angleterre, tu bois ton thé avec un nuage de lait ?

Paul T. : Bien sûr ! Évidemment, un des premier truc que je fais en rentrant chez moi en fin de journée, c’est le tea time. Pas forcément à 17h par contre… Et c’est drôle parce que en France, le thé c’est très sophistiqué. Il y a différentes sortes, des boules à thé etc… Alors qu’en Angleterre, il y a le thé c’est tout. Et il est en sachet, point. C’est l’équivalent de celui que vous appelez l’ « English Breakfast » et bien sûr servi avec des biscuits à tremper dedans ! C’est le sport national là-bas !

WLCM : Ta bière favorite ?

Paul T. : Alors, la Guinness mais pas en France, elle voyage mal. Sois en Angleterre soit au Nigeria, ils ont une usine là-bas. Mais c’est vrai ce que je dis ! J’ai appris ça à Dublin dans L’usine de Guinness. Ils disaient qu’à plus de tant de kilomètres du lieu de sa production, elle perdait en saveur, à cause du temps d’exportation j’imagine.

WLCM : Tu préfères jouer en anglais ou en français ?

Paul T. : Je dirais en anglais, je suis plus à l’aise.

Polyglotte semble-t-il. Combien de langues parles-tu ? 

Oui, je parle 3 langues. Et d’ailleurs, plus tard j’aimerais me mettre à la langue des signes et pourquoi pas, jouer en signes. J’aimerais explorer ce public. Le spectacle vivant c’est génial, sauf pour les sourds finalement ! Et c’est dommage. En plus il y aurait un point de vue supplémentaire sur ce que je raconte, c’est toujours intéressant.

Tu sembles aimer voyager, quelle destination te fais rêver ? 

Le Japon et l’Amérique du Sud. Je suis déjà allé au Mexique, mais pour le boulot donc je n’ai pas vraiment pu en profiter et ni visiter. J’ai un pote qui s’est fait le tour de cette région du monde en 3 mois et je suis hyper jaloux ! (rires)

Comment vois-tu ton avenir après buzz ? De nouveaux projets se dessinent ? 

Paul T. : Oui évidemment j’ai pas mal de propositions, donc tout est encore très récent et pas du tout confirmé. Donc on verra. Mais ce qui est sûr c’est que je suis bien plus fatigué qu’avant ce buzz ! (rires) Mais c’est super, je suis très content.