
Younes Depardieu : « Être numéro 10 au PSG, c’était mon rêve de gosse. »
Alors que le célèbre duo Younes et Bambi a décidé de se séparer il y a quelques mois, nous avions envie d’en savoir plus sur la nouvelle aventure solo de Younes Depardieu. En pleine construction de son premier seul en scène, l’humoriste Castelroussin s’est lancé dans la réalisation de vidéos publiées sur YouTube. Rencontre avec cet humoriste vidéaste 2.0.
Comment vivez-vous cette nouvelle aventure en solitaire?
Avant on pensait à deux, désormais il faut fonctionner seul. C’est un exercice différent. Tu peux raconter ce dont tu as envie et parler de ton parcours, de tes sensibilités, de ta vie. Alors qu’en duo, il faut prendre en compte l’avis de l’autre. L’inconvénient c’est que tu n’as plus de béquille sur laquelle t’appuyer, là tu es tout seul. J’ai parfois l’impression de repartir de zéro. Et même si certains automatismes me reviennent, ça n’est pas toujours facile.
Vous publiez beaucoup de mini-séries vidéos sur YouTube, notamment Arrêtez d’filmer, où dernièrement La Gova « Spécial CAN 2019 ». C’est un territoire d’expression que vous souhaitez développer?
Cela fait longtemps que j’aime faire des vidéos. J’avais fait une vidéo sur les arbitres qui avait bien fonctionné. J’ai voulu décliner ce type de format en abordant d’autres thèmes. Le premier épisode d’Arrêtez d’filmer « Frères, Fans de Booba et de Kaaris » a cartonné avec plus d’un million de vues. J’ai donc décidé de continuer. J’ai commencé à écrire avec Paul Séré; puis avec Mazine, un jeune humoriste qui est également un très bon auteur.
Qu’est-ce qui vous inspire ?
Ma vie, mon entourage, des histoires que j’entends autour de moi. Je m’inspire également des communautés. En faisant des vidéos sur YouTube vous avez plus de liberté. Je peux aborder les thèmes dont j’ai envie. Il y a des vidéos qui fonctionnent mieux que d’autres. J’ai notamment remarqué que lorsque j’aborde des sujets de fonds, les vidéos fonctionnent un peu moins bien.
Qu’est-ce que cela vous enseigne ?
Globalement, cela m’oblige à me professionnaliser. Dès lors que je dirige tout de A à Z, je suis obligé de me montrer plus ferme sinon le tournage s’éternise. On tourne vite, en 3-4 heures. Dès que je rentre, je choisis les séquences pour le montage.
Vos vidéos rappellent par moment La télé des Inconnus. Est-ce une de vos sources d’inspiration?
C’est le meilleur compliment qu’on puisse me faire. J’ai connu Les Nuls plus tard mais j’ai grandi avec Les Inconnus. Cela passait sur France 2 à l’époque. Leurs sketches sont toujours cultes ainsi que leurs façons d’aborder les thèmes de société. Et ça ne s’est pas démodé.
Pouvez-vous nous en dire plus sur vos autres projets ?
Principalement je souhaite continuer la scène tant que je le peux. Je suis en pleine préparation du mon prochain spectacle. Pour cela il faut que je trouve les bonnes personnes pour m’entourer. Ensuite sur du moyen-long terme, j’aimerais faire du cinéma.
Depuis vos débuts, le stand-up a beaucoup évolué. Comment l’expliquez-vous ?
Dès lors qu’il y a aujourd’hui beaucoup plus de plateaux qu’avant, il y a forcément beaucoup plus d’humoristes aussi. C’est très bien pour l’humour qui s’est démocratisé. Les gens ont de plus en plus envie de se divertir. D’autant plus quand on voit ce qui s’est passé en France ces dernières années, c’est tout à fait compréhensible.
Vous parlez beaucoup de foot, notamment en tant que fan du PSG, vous auriez aimé être footballeur ?
Être numéro 10 au PSG, c’était mon rêve de gosse. J’ai beaucoup joué, je suis même monté en DHR (septième division). Mais ce n’était finalement pas pour moi.
Comment devient-on supporter du PSG quand on est originaire de Châteauroux ?
A l’époque le président du PSG était Michel Denisot. Lui-même Castelroussin et Président d’honneur de Châteauroux, le choix a été vite fait. En plus, c’était un club satellite. Ils venaient s’entraîner à La Châtre, pas très loin de chez moi.
Justement en tant que provincial, comment analysez-vous le rejet ou la haine que peut susciter parfois le PSG ?
Il semble que cela a commencé dans les années 90 avec la rivalité PSG/OM. Il y a toujours eu ce truc Paris contre la Province. Tu vas dans des endroits où des fois, ils n’aiment pas les parisiens. Pour eux, les Parisiens se la racontent, ils sont chauvins. Plus généralement en France, on a un problème avec la réussite. C’est ancré chez nous, on peut pas changer ça.